20 décembre 2010

Leisure Suit Larry : Drague en Haute Mer

Tu vois, moi, dans la vie, je suis pas quelqu'un de particulièrement riche. Quand je peux éviter d'avoir à payer pour quoi que ce soit, j'aime autant (et la petite vieille que j'ai dépouillé de son portable peut en témoigner). Chose fort pénible s'il en est pour le grand consommateur de jeux vidéos que je suis, où les jeux sont toujours trop chers et où les soldes n'existent pas. Sans parler des pièces d'ordinateurs et consoles next-gen nécessaires pour les faire tourner et pour lesquels il faut généralement vendre un rein (quoiqu'avec une côte et un peu négociation...). Fort heureusement, il se trouve qu'il existe, hormis le téléchargement-illégal-ouh-ouh-c'est-pas-bien-c'est-mal-saloperie-de-pirate-en-puissance-va, quelques solutions pour jouer sans débourser un rond.
L'une de ses solutions porte le joli nom d'abandonware. Un abandonware, c'est un.... Oh et puis non, démerde-toi avec la définition de LTF, j'ai la flemme.

Hors donc, je cogitais il y a peu (ça ne m'arrive pas tous les jours) : "Tiens, je me referais bien un Leisure Suit Larry.". Pour les ignares qui me lisent, Leisure Suit Larry est une vieille (mais alors là vieille !) saga vidéoludique de point'n'click à base de jolies filles et de blagues salaces, signé de la main du grand Al Lowe*. Le héros personnage principal en était Larry Laffer, incurable pervers, dragueur lourdingue d'une quarantaine d'années, constamment habillé façon disco, et fasciné par le sexe opposé.

Petite note au passage : pour la première fois de la série, le jeu est intégralement en français, jusqu'aux voix.


Avec Larry, y'a toujours le feu au plumard

Larry Laffer, toujours à son avantage.
Leisure Suit Larry : Drague en Haute Mer, septième opus de la légende du Plus Mauvais Dragueur de Tous les Temps, commence peu après la fin du précédent. Nous retrouvons Larry là où nous l'avions laissé : dans les bras de la belle Shamara Payne. Tout semble parfaitement coller entre les deux tourtereaux, à tel point qu'en plein milieu de la nuit, la brave femme se barre en laissant Laffer en slip, menotté au lit, lequel ne tarde d'ailleurs pas à prendre feu (les dangers du tabac, mes enfants...). Après une évasion digne de Prison Break, Larry découvre un billet gratuit pour une croisière sur un paquebot grand luxe.
- Aaaah, c'est bien...

Ben, c'est toujours mieux que de faire le trajet à la nage.
Pas si bien que ça. En fait, ledit billet lui donne le droit à la cabine 0, sorte de nid à vermine située pas loin de la salle des machines, avec de la tuyauterie et des fuites partout.
- Eh merde.
Passé ce premier abord sinistre, Laffer découvre très vite que le navire est peuplé de nombreuses femmes nubiles aux noms on ne peut mieux choisis (et accessoirement d'un équipage loufoque, mais c'est moins intéressant) : Victorienne Principes, bibliothécaire coincée, Jaimi Lee Coitus, dessinatrice de mode à court d'idées, Brigitte Laraie, grande amatrice de jeux d'argent, Otapie Summers, adepte du bronzage naturiste, les Roploplettes, duo de country, et surtout le capitaine Bellecuisse, qui, euh... enfin, voilà, quoi.


Set sail for fail

Xqwzts, le garçon de chambre.
Cette dernière organise par ailleurs un concours sur son navire, le vainqueur gagnant rien moins que le droit de passer une semaine dans sa cabine en sa charmante compagnie. Plusieurs épreuves sont organisées, différentes en fonction des candidats. Notre bon Larry international doit, lui, se distinguer dans des épreuves d'élégance, de cuisine,  de craps, de bowling, de lancer de fer à cheval, de... sexe, et de chasteté.
- QUOI ?!
Ah non, c'était une erreur.
- Ouf...
Le but de jeu va donc être d'amener notre gros nul de protagoniste à remporter chacun des défis afin de pouvoir observer des papillons avec la capitaine au nom rigolo.
- Aaaah, c'est bien...
Non, Larry. C'est très, très bien.


Leisure Suit, wait for it... Larry !

Bon, je ne m'étendrais pas davantage sur l'histoire, de crainte de n'en révéler trop. Qu'on me permette seulement de donner quelques exemples de moments des plus savoureux, assortis d'images sans aucun rapport et dénuées de tout contexte, parce que c'est délire. Dans combien de jeux, en effet, peut-on :

- Se balader avec un maillot de bain en forme de tête d'éléphant ?

Ça, même dans le contexte, ça reste incompréhensible.
- Parler de la vie et de l'œuvre d'Anton Fokker (créateur de l'avion éponyme) avec une femme afin de distraire son attention tandis qu'on tente habilement de regarder ses seins ?

Oui, Larry est à poil sur DEUX images d'affilée, qu'est-ce que vous dites de ça ?
- Croiser un cuisinier chinois (qui fait de la bouffe en boîte) s'exprimant avec un fort accent de Lausanne, ou bien ?

Attention de ne pas dépasser la dose quotidienne maximale.
- Rencontrer un commissaire de bord complètement paranoïaque, une technicienne de surface moche comme un pou et atteinte d'une forme particulièrement vicieuse du syndrome de Gilles de la Tourette, et un type qui fait des animaux en ballon pour amuser les gosses, bien qu'il n'y en ait aucun dans le jeu ?

Qu'est-ce qu'il fout là, celui-là ?
- Jouer à une partie de strip-dés-menteurs ?

Tiens, je vais même pas légender celle-ci.
- Faire fuir du casino un groupe tout entier de passagers en lâchant une caisse monstrueuse, juste pour pouvoir jouer peinard ?

Avant Larry...
- Transformer d'innocentes quilles de bowling en armes de destruction massive ?

... Après Larry.
Et j'en passe, et des meilleures. Et des pires. Surtout des pires.


Sur un malentendu, ça peut marcher

Renouant avec une longue tradition consistant à élever le n'importe quoi au niveau d'art, Leisure Suit Larry : Drague en Haute Mer est exactement ce qu'on est en droit d'attendre de tout bon opus de cette mémorable et vénérable** saga. Blagues variant entre  le lourdingue et le loufoque, doubles-sens presque systématiques, non-sens-isme total de l'action et des puzzles à résoudre, personnages hallucinants et complètement barrés (Jusqu'à la voix off qui n'hésite pas à en rajouter et à se foutre de Larry), le jeu a beau ne durer que cinq à six heures grand maximum, ça reste un bon moment de pur délire. A essayer absolument, d'autant que quand c'est gratuit, n'est-ce pas, c'est comme qui dirait moins cher.



* Je passerais cependant sous silence les deux plus récentes séquelles, dont la nullité était telle que j'ai manqué d'y perdre un œil. Al Lowe, qui d'ailleurs n'est pour rien dans le désastre puisqu'on lui a demandé de se tenir à l'écart de sa propre série, semble du même avis à en lire son article.
** Et sirop d'érable, aussi.

1 commentaire:

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