9 juin 2014

Des micronations qui existent vraiment (ou presque)

Cher lecteur, nous célébrons aujourd'hui mon centième article ! Je me sens tout chose. Je sais que beaucoup de blogs atteignent ce seuil, cette milestone en beaucoup moins de quatre ans, mais j'ai toujours valorisé la qualité plutôt que la quantité. En plus, je suis très fainéant.

Et pour ce centième article, je vais parler d'un sujet qui m'amuse beaucoup : celui des micronations. États d'une taille hilarante ainsi que l'indique leur nom, ces nations ne sont en général pas le moins du monde reconnues par quelque véritable nation que ce soit, et un bon nombre d'entre elles existent uniquement à l'état de farce, comme l'Empire Aericain qui réclame comme territoire -entre autres- l'hémisphère sud de Pluton et une planète qui n'existe pas. Mais l'existence de certaines sont défendues avec le plus grand sérieux par leurs fondateurs (et souvent unique habitant), pour des raisons diverses dont la folie légère ou un fol espoir.

Gloire au Grand Pingouin !

Mais trêve de palabres, intéressons-nous à la première de nos micronations...

1. Gay and Lesbian Kingdom of the Coral Sea Islands


Ou Royaume gay et lesbien des Îles de la mer de Corail, en bon français bien prétentieux. Créé en juin 2004 et arborant l'arc-en-ciel symbole de la LGBTQ en guise de drapeau, cette micronation fut créée comme son nom l'indique par des homosexuel(le)s comme symbole de protestation internationale. Le message envoyé semblait être quelque chose du style : "si vous continuez à nous opprimer, on ira vivre ailleurs et vous serez forcer de recommencer à passer vos nerfs sur les juifs et vous faire taxer d'antisémitisme, bien fait pour vous". Cette monarchie constitutionnelle est gouvernée par l'empereur (!) Dale Anderson Premier. Celui-ci a même nommé une "haute cour" et un "chief of justice", parce que, merde, pourquoi pas ? L'archipel demeure complètement inhabité et n'est reconnu par aucun pays, pas même l'Australie sur les terres duquel il empiète.

D'après nos sources, le taux de natalité y serait inexplicablement faible.


2. Nation of Celestial Space


Cette micronation, déclarée le 1er janvier 1949 et appelée simplement Celestia en forme courte, fut créée par l'américain James Thomas Mangan dans le but de réclamer l'espace (qu'elle comprend tout entier à l'exception de la Terre, parce que tant qu'à créer sa propre nation...) au nom de l'humanité afin d'empêcher toute autre nation de la réclamer pour elle-même, nananinanère. Bonne chance avec ça, mon pote.

Parmi les descendants et héritiers de Mangan, on compte sa fille Ruth Mangan Stump, princesse de la nation de l'espace céleste, et ses petits-fils Dean Stump, duc de Mars, Glen Stump, duc de Celestia, et enfin Todd Stump, duc de la Voie Lactée. Y'a du favoritisme, moi j'dis : y'en a qui hérite d'une planète et l'autre d'une galaxie.

La nation possède même sa propre monnaie.

Mangan effectuant le salut celestien.

3. Principauté de Marlborough


La principauté de Marlborough fut créée en 1993 non pas dans quelconque but de plaisanterie, mais rien moins que par la volonté du fermier George Muirhead -son créateur- de ne plus payer aucun impôt en devenant son propre gouvernement. L'idée, reconnaissons-le, manque peut-être d'intelligence mais pas de cran. Muirhead avait en effet tenté de remettre en cause la légalité de ses factures devant la cour suprême du Queensland, mais sans succès. Pas content, il décida que c'était pas juste et que puisque c'était comme ça, il allait faire sa propre nation, avec des tables de blackjack et des putes, et où le gouvernement de Queensland n'aurait aucune légitimité, bisque bisque rage.

Toute blague à part, 11 jours après la proclamation d'indépendance de Muirhead -devenu le prince George- et de sa femme, 120 policiers du Queensland débarquèrent sur les terres en sécession pour les en retirer de force, attirant au passage sur eux l'attention des médias du monde entier, qui les dépeignirent comme de pauvres travailleurs opprimés par un état froid et sans compassion. "The great conspiracy to enslave Australia" titra notamment le Sydney Morning Herald.

Pingres de tous pays, vous savez maintenant ce qu'il vous reste à faire.

4. République de Molossia


Son nom dérivant du mot espagnol morro signifiant "petite colline rocheuse", Molossia est exactement ça : une petite colline pleine de cailloux avec la maison de son fondateur Kevin Baugh dessus, devenue une micronation en 1999. La république de Molossia se présente comme une république bananière dictatoriale sous la férule militariste de Son Excellence, le Président Baugh, et couvre un vaste territoire de 5.200 m² de terrain (avec 27 habitants, ça fait quand même plus de 5 habitants au km²).

La micronation possède sa propre politique étrangère fort complexe. Ils sont ainsi en guerre contre l'Allemagne de l'Est depuis plus de trente ans. Le fait que nous n'ayons appris l'existence d'aucune bataille rangée ou d'aucun mouvement de troupes prouve la supériorité des tactiques d'El Presidente, qui parvient à tenir en respect une puissance étrangère sans même combattre au grand jour. Ceci est confirmé par le fait que l'Allemagne de l'Est n'existe aujourd'hui plus -du moins en apparence.

Le pays, quoique gémissant sous la puissante mais juste dictature du président Baugh, accueille volontiers le tourisme, ainsi que les donations dans le but de construire une plus grande république molossiène. Il possède même son propre magasin en ligne, vendant toutes sortes de T-shirt, de sacs et de strings. Ne manque pas les véritables pierres de compagnie de Molossia, animaux de compagnie pour le moins originaux et qui ne risquent pas de mettre le merdier chez toi.

Son Excellence, le Président Kevin Baugh.

5. Empire russe de Suwarow


Il y a des histoires qui n'ont vraiment de sens que lorsqu'elles sont présentées dans leur contexte. Mais cette histoire là appartient à la catégorie d'histoires qui, même présentées avec tout le contexte qu'on veut, n'aura de toute manière aucun sens. Comment trouver du sens, en effet, dans la tentative d'un certain Anton Bakov, homme d'affaires russe de son état, de restaurer l'Empire russe au milieu de l'océan pacifique, dans un atoll désert de 168 hectares des Îles Cook appelé Suwarrow ?

Se présentant comme un monarchie constitutionnelle -sans constitution, apparemment-, cet Empire se veut le successeur direct de celui de Peter I. Bakov en est le premier ministre, qui dirige les affaires -sans aucun doute très très nombreuses- du pays en attendant qu'un héritier des Romanov ne soit trouvé.

Tout ceci soulève en tous cas une question : c'est quoi l'intérêt de ressusciter l'Empire Russe si c'est pour en devenir seulement premier ministre ?

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