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28 avril 2014

Programme du Parti de la Domination Mondiale

Française, français,
et puis tous les autres aussi tant que j'y suis,
à l'approche des élections -je ne sais plus lesquelles, peu importe-, je m'adresse à vous au nom d'un nouveau parti qui vient de se former sous ma férule de tyran éclairé : le Parti de la Domination Mondiale.

En as-tu assez, citoyenne, citoyen, d'élire des politiciens au mieux incompétents, au pire corrompus ? En as-tu ras-le-bol de choisir entre le choléra capitaliste et la peste communiste ? Es-tu las de devoir te taper des discours électoraux alambiqués et vides de sens, emplis de paroles creuses et de promesses vite oubliées ? En as-tu plein les bottes de ces programmes politiques tarabiscotés écrit dans un français juridique que seuls quelques rares élus (ho, ho, ho) peuvent comprendre, et ne contenant par-dessus le marché pas une seule blague pour se distraire ?

Alors rejoins-nous, citoyen. Rejoins le Parti, offre-nous ton âme scrutin, donnes-nous les clés de l'Élysée, et participe ainsi à la création d'un monde meilleur pour toi et ton prochain, et puis surtout pour moi.

Voici notre programme, qui en toute objectivité est à la fois parfait et brillant. Nul doute qu'il suscitera chez toi le réveil de la flamme de l'espoir qui sommeille chez tout citoyen avide de changement et d'humour noir. 

Et n'oublie pas notre devise : si nous gagnons, c'est nous qu'on a raison !



Sciences/Santé/Environnement


- Obliger l'ensemble des habitants d'un département tiré au hasard à ne manger que des aubergines pendant un an pour voir s'ils le feraient vraiment si on leur en donnait l'ordre vérifier le proverbe "on est ce que l'on mange". Préparer quelques explosifs bien placés pour le cas où les aubergines géantes ainsi produites se révèlent hostiles et ne tentent d'envahir le monde (ça, c'est notre boulot !).
- Rassembler l'ensemble de nos déchets radioactifs dans une fusée interstellaire à destination de n'importe où, accompagnée d'un message d'excuses si jamais ça tombe chez les zitis.
- Transformer Belle-Île en garage à poids-lourds dans le but de savoir s'il est possible de la faire couler. La recherche géologique ne manquera pas de profiter d'une telle découverte. La recherche militaire également, puisque nous serons ainsi en possession du plus gros sous-marin jamais conçu, ainsi que d'un moyen efficace et économique de créer une civilisation sous-marine en cas de guerre nucléaire.
- Interdire la fin du monde une bonne fois pour toutes, parce que ça commence à bien faire, merde.
- Dépénaliser complètement l'usage de drogues à partir de 60 ans afin de diminuer drastiquement le coût des retraites.
- Lancer au plus vite des recherches sous-marines aux coordonnées 47°9′S 126°43′W avant que les étoiles ne soient alignées. Les initiés sauront pourquoi.

SCIENCE ! I'll kill you !

Armée/Défense/Politique étrangère


- Dissoudre notre armée nationale, jugée obsolète et dispendieuse, et demander à la Suisse si c'est pas possible qu'elle nous prête la sienne, vu qu'elle n'a pas l'air d'en avoir l'usage. Par contre, on garde notre porte-avions, il est marrant.
- Mettre en place, sur tous les fronts où nos forces sont engagées, une toute nouvelle stratégie multi-fonctions baptisée : "tu te calmes tout de suite ou tu te prends un missile nucléaire dans la gueule.". Éventuellement, considérer l'emploi de cette brillante tactique pour les problèmes à l'intérieur de nos frontières (émeutes et autres).
- Envahir un pays du Moyen-Orient tiré au pif malgré l'opposition des États-Unis d'Amérique et des Nations Unies, parce que chacun son tour et bisque-bisque-rage.

On s'en fout, on improvise.

Politique


- Remplacer les élections (municipales, parlementaires et autres) par une bagarre générale entre tous les candidats,  retransmise en direct à la télévision. Les survivants sont automatiquement élus.
- Abolir tous les autres partis politiques afin de simplifier la politique française aux yeux de sa population, qui n'a que faire de tous ces politiciens et idéologies inutiles. Le Parti de la Domination Mondiale est le seul dont ils aient besoin, après tout. 
- Repeindre l'Élysée en noir et la renommer "Palais Impérial".
- Transformation du Sénat en la plus grande piscine à boules du monde, permettant ainsi de faire d'une pierre deux coups : nous débarrasser de tout un tas de bouches à nourrir inutiles et doper notre tourisme.
- Afin de poursuivre la politique de décentralisation de nos prédécesseurs, délocaliser le Parlement National en Corse. On va bien rigoler.

Religion


- Remplacer les méthodes de conversion classique de chaque religion par une méthode beaucoup plus simple permettant d'obtenir le même résultat : à chaque fois qu'un citoyen français souhaite se convertir, on tire au sort sa future religion. Si la religion ainsi obtenue est totalement étrangère au converti et est en contradiction avec ses valeurs morales, c'est pas grave, ça ne changera pas grand-chose.
- Autorisation pour les prêtres de se marier... mais seulement entre eux. Ça leur fera les pieds.
- Mise en place de l'Église de la Sainte Ironie, seule religion d'État autorisée (mais comme je serais l'État, ça ne contreviendra pas à la loi de séparation de l'Église et de l'État. Ou alors si, mais pas trop. Et puis merde, de toutes façons, c'est moi qui décide).
- Interdiction permanente du culte des chats. Nous ne sommes pas certains qu'ils complotent contre nous, mais vous ne pouvez pas prouver qu'ils ne cherchent pas à tous nous tuer !
- Autoriser la possession démoniaque. Après tout, si les dieux ont le droit de régenter la vie des mortels, alors les démons aussi devraient en avoir le droit. On est en république, merde.

Sexe


Beaucoup, s'il-vous-plait.

Culture/Éducation


- Raser le centre Beaubourg. Ce n'est même pas ouvert à la discussion.
- Organiser des combats de fauves au Stade de France. Des stars de pop françaises pourront également y être jetées aux lions pour divertir les foules d'une façon qui nourrira plus efficacement l'esprit (ainsi que l'estomac des animaux) que leurs chansons.
- Toujours au Stade de France, organiser des combats de gladiateurs entre fondamentalistes de différentes confessions. De cette façon, les guerres de religion seront au moins intéressantes à regarder.
- Décréter que les expressions "Au temps pour moi" et "Autant pour moi" sont toutes les deux fausses, et instaurer à la place l'expression "Hautain pour moi". Ça n'a pas davantage de sens, mais au moins c'est rigolo à dire.
- Remplacer l'hymne national par le Canon Rock de Pechelbel dans l'arrangement de Funtwo. Ou sinon une chanson des Béruriers Noirs*, c'est pas mal aussi, et culturellement c'est plus logique.
- Déprogrammer Plus Belle la Vie et effacer toute trace de l'existence de cette chose de notre histoire. Les acteurs auront le droit à la grâce présidentielle, parce qu'on va dire qu'ils ne réalisaient pas ce qu'ils faisaient.
- Interdiction de raconter des blagues de Toto. On les connait déjà toutes, de toutes façons.
- Création d'une base de données nationale destinée à la conservation de notre production de films pornos, et en rendre l'accès gratuit à notre population. Ceci devrait restaurer l'intérêt des citoyens français pour leur culture.
- Envoyer tous les astrologues travailler comme ouvriers dans des usines de fabrication de bouillon en cubes, ceci afin qu'ils cessent de nous servir sans arrêt la même soupe.

Ton vote ne changera rien, alors autant me le donner !

Conclusion : pourquoi rejoindre le Parti de la Domination Mondiale ?


Parce que le PDM, c'est la promesse d'un avenir merveilleux, d'un lendemain qui chante (mais pas de la pop ou ça va barder), d'un futur absolument fantastique, c'est un engagement qui changera radicalement le visage du monde, et aussi parce que rejoindre les autres partis politiques ne t'apportera rien sinon la promesse d'un anévrisme cérébral et un petit sexe.

Et surtout parce que dès qu'on aura le pouvoir, ce sera obligatoire. Alors, autant s'y prendre dès maintenant, n'est-ce pas ?

* En fait j'aime pas les Béruriers Noirs, mais pour la France, pour ma patrie, j'accepterais de faire ce sacrifice. Parce que je suis quelqu'un de généreux et de désintéressé, moi.

1 octobre 2013

Lettre ouverte à la mairie de Guidel

Madame, monsieur,

Suite aux évènements ayant eu lieu du 11 au 16 septembre 2013 dans la commune de Guidel, je vous adresse ce courrier afin de vous communiquer mes plus sincères excuses. Cette démarche m'a été dictée à la fois par ma conscience et ma morale, et en aucun cas comme le veulent certains bruits de couloir par un ordre de justice rendu au 28 septembre me menaçant d'internement forcé et définitif à l'hôpital psychiatrique de Charcot. Je vous prie de ne pas prêter attention à ces ragots, surtout à ceux émis par maitre Julien Guillemot, procureur général de la République. Il est évident qu'il ne sait pas de quoi il parle.

Avec un si joli littoral, on aurait pu croire que plus de gens
auraient pensé à fuir par la voie des mers. Maiiiis non.
Avant toute chose, il convient que j'explique quel était l'objectif de l'étude sociologique que j'ai mené dans votre charmante petite ville, pour ceux d'entre vous qui l'ignorent encore où n'en connaissent que la version déformée par la cabale anti-intellectualiste qui s'est opposée à moi et à mon expérimentation. J'en profite pour dire que je n'apprécie pas le terme de "folie meurtrière" que certains ont employé pour qualifier ladite étude, guère plus celui de "monstrueux bordel", termes que je juge politiquement incorrects. J'ose croire en effet que même les études scientifiques ont leur sensibilité. De la même façon, j'avoue avoir été choqué par l'emploi à mon endroit de qualificatifs tels que "salopard" ou "psychopathe". Est-il encore besoin de rappeler que la sociopathie et la psychopathie sont deux conditions très différentes ? En outre, le terme de psychopathe est impropre, et peut être considéré comme injurieux. Je lui préférerais l'expression "personne ayant une interprétation différente du contrat social". Mais peu importe.

Mon objectif, pour en revenir au sujet, était tout ce qu'il y a de plus altruiste. J'oserais même dire tout ce qu'il y a de plus humanitaire : il s'agissait de tester la capacité de la petite ville de Guidel à résister à une invasion de zombies. Il m'est apparu en effet à la suite de plusieurs courriers échangés avec monsieur le maire, son adjoint, ainsi qu'avec le commissaire de police local et le chef des pompiers, qu'aucun responsable de votre ville ne semblait faire grand cas de la possibilité d'une attaque de zombies. En fait, trois des personnes sus-mentionnées se sont ouvertement moqué de moi et la quatrième m'a demandé si j'étais certain de bien prendre mes médicaments tous les jours.

Comme l'a dit un très grand monsieur dont le nom m'échappe -et dont j'écorche sans doute les paroles, la faute à ma mémoire défaillante et au fait que dans le fond j'en ai pas grand-chose à foutre-, "on reconnait un génie au fait que les imbéciles se conjurent contre lui". Les imbéciles sus-cités s'étant ligués contre moi, j'en conclus tout naturellement que j'avais parfaitement raison.


C'est donc suite à cette déduction de pure logique que je lançais mon étude le 3 septembre. On m'a demandé pourquoi j'ai choisi la petite ville littorale de Guidel (Morbihan, Bretagne), ou pour reprendre l'expression qui fut employée, pourquoi je n'ai pas décidé "d'aller foutre mon bordel ailleurs, au fond d'un précipice par exemple". Tout d'abord, je m'étonne d'avoir à expliquer qu'un précipice est un cadre qui ne se prêterait absolument pas à ce genre d'étude. Ensuite, plusieurs facteurs se sont avérés déterminants dans mon choix final : premièrement, le fait que Guidel est une ville de petite taille (10.359 habitants) et dont la densité de population était dans la moyenne française, ce qui en faisait donc un sujet de test presque idéal, ne serait-ce que parce que ça ne ferait pas une grande différence si jamais elle venait à être rasée par l'armée dans le cas -peu probable- où l'étude tournerait mal. Mais, ce qui est plus important, je me foutais pas mal de sa population, évitant ainsi un possible biais de ma part. Très important, ça, le double aveugle.

L'expérience fut donc lancée au matin du mercredi 11 septembre, à l'occasion de rien de spécial, puisque comme chacun sait, il ne se passe jamais rien d'important au mois de septembre. Je tiens à remercier plusieurs personnes qui ont contribué -certes bien involontairement- au bon déroulement de l'expérimentation. En premier lieu, les services de diffusion de messages d'urgences de la municipalité locale, dont la sécurité informatique nullissime m'a permis de remplacer leur musique d'ascenseur sans intérêt par un faux flash d'information relatant une attaque de morts-vivant sur tout le territoire français. On me dira sûrement que le piratage est un crime, ce à quoi je répondrais que ce n'est pas du piratage de se connecter à un compte dont le mot de passe est "motdepasse". Mais c'est un autre débat.

En deuxième lieu, je voudrais remercier les nombreux pochtrons que j'ai ramassé dans divers caniveaux cette même matinée afin de les déguiser en zombies avant de les relâcher en plein centre-ville. Les tâches de vinasse et de vomi sur leur visage et leurs vêtements, combinés à leur air hagard, leur démarche de manchot empereur rongé du bulbe et surtout leurs grognements donnèrent vraiment un air authentique à leur déguisement. En revanche, je m'excuse de ne pouvoir être en mesure de leur donner la bouteille de rouge que j'avais promis à chacun, et ce pour la bonne raison que les dépouilles de la plupart d'entre eux n'ont toujours pas été retrouvées. Pas de sépulture, pas de biture.


L'expérience fut interrompue le 16 septembre (un lundi, comme par hasard !), soit 358 jours avant la fin prévue initialement, par l'intervention très inopportune de la brigade de gendarmerie mobile menée par la capitaine Georgette Petitjean. Je passerais volontiers sur les évènements de ce jour, y compris ma fuite désespérée -et vaine- face aux forces de l'oppression étatique, pour passer directement à la partie que, j'en suis sûr, vous attendez tous avec impatience : les résultats de l'étude. Eh bien, je n'irais pas par quatre chemins : je suis profondément déçu de voir que la population guidéloise n'est tout simplement pas préparée à une attaque de zombies. Je suis aussi choqué et surpris que vous.

Dans l'ensemble, les différents comportements des sujets de l'étude peuvent être regroupés en quatre grandes catégories que je vais explorer céans.

La première catégorie est celle que j'appellerais la catégorie des briscards, parce que c'est pas tous les jours que j'ai l'occasion d'utiliser ce mot. Cette catégorie (composée d'environ 2 % de l'ensemble des sujets de test) inclut les personnes qui surent le mieux faire face au danger, sans nul doute grâce leur expérience due au visionnage de films de zombies. A moins qu'ils ne soient simplement cinglés, mais ça m'étonnerait. Les membres de ce groupe se montrèrent les seuls aptes à affronter la menace, grâce aux armes qu'ils parvinrent à se procurer et aux abris de fortune qu'ils fabriquèrent.

Je pense notamment au brave Clotaire M. qui se servit de sa vieille mitrailleuse AAT-52, relique de la guerre d'Algérie, pour réaliser un carton époustouflant dans son quartier. "J'ai toujours rêvé de faire ça, m'a-t-il confié alors que nous nous trouvions tous les deux menottés sur un banc du commissariat. J'ai toujours été intimement convaincu que ma bibiche était aussi efficace contre mes voisins que contre les bougnoules !". Alors bien sûr, des mauvaises langues telles que le capitaine Petitjean argueront que ce courageux vétéran n'était même pas au courant de cette histoire de zombies et qu'il avait simplement envie de zigouiller son voisinage, mais je pose la question : cela rend-il son accomplissement moins impressionnant ? J'ose croire que non !

Les plus audacieux d'entre eux parvinrent à investir le poste de police local afin d'en récupérer les armes, avant de se barricader derrière les murailles de Fort-Bloqué. Là, ils constituèrent des défenses qui n'auraient pas fait honte à Rick Grimes et fondèrent un état souverain et indépendant qu'il baptisèrent Super-Germaine-Land (leur chef voulait faire plaisir à sa femme). En fait, leurs fortifications étaient si élaborées et ils s'isolèrent si bien du monde extérieur qu'aux dernières nouvelles ils y sont toujours, et même la marine nationale n'est pas parvenue à les en déloger. Voilà la preuve, s'il fallait la faire, que les blagues les plus courtes ne sont pas nécessairement les meilleures.

Il est vrai que les terres cultivables sont un peu limitées en taille, mais à
part ça, c'est très bien situé. En plus, c'est orienté au nord.

La deuxième catégorie, ensuite, est celle dite des fuyards (environ 8 %), qui, comme leur nom l'indique, décidèrent que leur salut serait dans la fuite. Je rappellerais à ceux de cette catégorie qui me liraient que la devise de Guidel est supposément "Leal ha fidel berped" ("Loyal et fidèle toujours"), et non "barrez-vous en courant, plus vite, bon sang, plus vite". Qui plus est, on n'affronte pas un péril en lui tournant le dos, en particulier lorsque que ce péril est à la fois mort-vivant et national (et non, ce n'est pas au Conseil Constitutionnel que je fais allusion).

Il y eut pour l'essentiel deux types de fuyards. Les premiers, les plus nombreux, tentèrent de fuir en automobile. Idée particulièrement sotte et trahissant le peu de réflexion que ces gens consacrèrent à leur survie, puisqu'en prenant tous cette même décision en même temps, ils bloquèrent les routes permettant de quitter la ville. Plus intelligents qu'eux furent ceux du deuxième type qui prirent la fuite à bord de bateaux de pêche ou de plaisance, sans doute pour s'en aller fonder une société maritime post-apocalyptique comme dans Waterworld, mais sans Kevin Costner (donc beaucoup mieux que dans Waterworld). Certes, la plupart, en proie à la panique et incapables de manœuvrer des voiliers même -c'est le cas de le dire- pour sauver leur vie, s'échouèrent ou disparurent en mer, mais j'ai envie de dire que c'est l'intention qui compte.

La troisième catégorie est celle dite des pillards (environ 10 %). Catégorie inévitable s'il en est, aussi ne m'étendrais-je pas trop longuement dessus. Je ferais toutefois remarquer la stupidité de certains de ces pillards que j'ai observé voler plusieurs dizaines de bourriches d'huîtres ainsi que quatorze caisses de Côtes du Rhône 1991. Enfin, pour accompagner des huîtres, rien de tel qu'un bon petit Chablis ! Le fait que des morts sortent de leur tombe pour dévorer les vivants n'est aucun cas une excuse pour oublier son éducation ou son bon goût.

J'inclus dans cette catégorie ceux qui se contentèrent de causer des dégâts matériels sans but précis, pensant sans doute -et je ne leur donne pas tort- qu'une attaque de zombies n'est pas complète sans quelques bâtiments et véhicules en flammes pour égayer le paysage.

De toutes façons, voyons les choses en face : les HLM
sont fait pour être brûlés.

La quatrième catégorie, enfin, est celle dite des connards (environ 80 %), et regroupe l'ensemble de ceux qui n'ont rien compris au but du jeu et se sont contenté de courir dans tous les sens en hurlant durant tout la durée de l'étude plutôt que de faire quoi que ce soit de constructif. Loin de moi l'idée ou l'envie d'être inutilement méchant, mais quand une véritable invasion de zombies se produira, ils se feront tous bouffer et ce sera bien fait pour leurs culs. Peut-on encore s'étonner de l'état actuel de la recherche française, quand il se trouve parmi la population de tels ahuris se mettant en travers de la destinée manifeste de la Science par leur seule idiotie ?

En conclusion, mon étude a mis en évidence que la petite ville de Guidel n'a ni les infrastructures, ni la préparation, ni la mentalité nécessaire pour survivre au fléau mort-vivant. Naturellement, la communauté scientifique me fera remarquer qu'une étude seule n'est pas une preuve suffisante, et je suis on ne peut plus d'accord : rien de tel que la reproductibilité. Malheureusement, la cabale anti-intellectualiste susmentionnée a d'ors et déjà fait pression sur divers élus pour m'empêcher d'aider mon prochain en reproduisant mon expérience dans d'autres lieux, arguant vaguement que ce serait dangereux.

Je me défends de cette accusation inique et ridicule. Mon étude n'a tué personne. Je devrais dire : mon étude n'a tué personne proportionnellement à une véritable attaque de zombies -et proportionnellement à une guerre nucléaire, on pourrait même dire que mon étude a fait un nombre négatif de victimes, et a donc sauvé des vies. J'ajoute que les disparus ne comptent pas comme des morts, sinon on ne les aurait pas classés comme disparus, commencez pas à faire chier.

Pour terminer cette lettre, je vous invite, madame, monsieur, a réviser votre jugement à mon endroit à la lumière de ces faits évidents que j'ai évoqué, et à ne pas vous laisser dicter vos réactions par vos émotions. Si vous ne réalisez pas encore l'importance d'expérimentations de ce type, je n'aurais qu'une chose à dire : ce n'est pas parce que les mort-vivants sont des créatures imaginaires qu'ils n'existent pas. D'ailleurs, je mets au défi quiconque lira ceci de prouver l'inexistence des zombies.