Les enfants, pour fêter cette nouvelle année qui s'annonce déjà riche en zozoteries, je vais vous raconter une fabuleuse histoire. L'histoire de comment des gens ont cru (et en fait croient toujours) que la Terre est creuse, et quelles jolies fables ont été brodées sur cette base au demeurant marrante, quoique pas très cohérente.
1. Jusqu'ici, tout va bien
Précisons d'abord que la théorie de la Terre Creuse (ou Hollow Earth Theory dans la langue de Neil Patrick Harris) est une idée très sérieuse. Et par "très sérieuse", j'entends par là qu'elle est défendue très sérieusement par des gens réels, sans doute très sérieusement atteints comme nous allons le voir.
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| On dirait plutôt une pêche trop mûre. |
Ne s'arrêtant pas en aussi bon chemin, Halley imagina qu'il y avait de la vie sur (dans ?) la Terre intérieure, et même une "atmosphère lumineuse". Bon, jusque là, c'est un peu farfelu, mais ça reste globalement concevable, en tous cas pour un scientifique du XVIIème siècle. Certes, cette idée allait à l'encontre de beaucoup de lois de la physique et de la géologie, mais la plupart n'avaient pas encore été découvertes, alors c'était pas sa faute.
2. Ça manque d'ésotérique, tout ça
Ce n'est qu'au début du XVIIIème siècle
que la théorie commencera à devenir vraiment loufoque,
sous l'impulsion du mathématicien suisse Leonhard Euler qui déclara qu'en fait, il n'y avait qu'une sphère à l'intérieur de la Terre, au centre de laquelle se trouvait un Soleil de 950 kilomètres de large, fournissant chaleur et lumière à la civilisation qui s'y trouvait. Plus tard, le mathématicien écossais Sir John Leslie rétorqua qu'il n'y avait pas un, mais deux Soleils intérieurs, parce que tant qu'à péter les plombs, autant y aller à fond.
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| Hey, je vois ma maison, d'ici. |
Plus tard, au XIXème siècle, le vétéran de la guerre de 1812 John Symmes continua à élaborer toutes sortes d'hypothèses au sujet des sphères concentriques. Ses successeurs donneront d'ailleurs son nom aux trous qui permettent supposément de passer d'une sphère à une autre.
Symmes lança entre autres l'idée d'aller chercher un de ces fameux trous au pôle Nord. Il avait en effet déduit qu'un trou, large de 6.000 à 10.000 kilomètres, devait s'y trouver parce que... à cause des raisons. Voilà. Finalement, l'expédition ne put se faire, et plus tard, lorsque l'amiral Byrd parvint à survoler le pôle Nord, on s'aperçut que décidément, il ne s'y trouvait pas plus d'ouverture vers un monde intérieur que de connaissances en biologie dans le crâne d'un créationniste.

